Je la bois le soir
C’est son usage le plus courant. Préparez-la trente à soixante minutes avant le coucher, couverte, et évitez de la sucrer abondamment.
Ma tisane est amère
Eau trop chaude ou infusion trop longue, ou camomille romaine à la place de la matricaire. Les trois causes se corrigent facilement.
Je veux la cultiver
La matricaire est annuelle et se ressème seule. Un semis au printemps en plein soleil suffit pour une récolte dès l’été suivant.
La camomille est sans doute la plante la plus consommée en infusion en France, et l’une des plus mal préparées. Eau bouillante, tasse non couverte, sachet oublié dix minutes : chacune de ces habitudes coûte une partie de ce qu’on est venu chercher.
Matricaire ou romaine : laquelle avez-vous ?
| Critère | Camomille allemande (matricaire) | Camomille romaine |
|---|---|---|
| Partie utilisée | Capitules floraux | Capitules floraux |
| Goût | Doux, légèrement mielleux | Nettement amer |
| Usage traditionnel | Digestion, détente, soir | Digestif, apéritif amer |
| Culture | Annuelle, se ressème | Vivace, tapissante |
| Disponibilité | Très répandue | Plus rare en rayon |
La distinction se voit à l’œil : le capitule de la matricaire est creux et conique, celui de la romaine plein et arrondi. Un moyen simple de trancher en cueillette consiste à couper la fleur en deux dans le sens de la hauteur.
Une troisième plante se glisse parfois dans les mélanges, la camomille des teinturiers, aux fleurs entièrement jaunes. Elle n’a pas les mêmes usages et ne se consomme pas de la même façon.
L’infusion, dans les règles
- Doser une cuillère à soupe de fleurs séchées, soit environ deux grammes, pour 200 millilitres d’eau.
- Chauffer l’eau à 90 °C, pas à ébullition. Si vous n’avez pas de thermomètre : portez à frémissement, puis attendez une minute.
- Verser sur les fleurs et couvrir immédiatement la tasse ou la théière.
- Laisser infuser cinq minutes pour un goût doux, jusqu’à dix pour une infusion plus concentrée.
- Filtrer et boire tiède.
Le couvercle est le geste qui change le plus le résultat : les composés aromatiques de la fleur sont volatils et s’échappent avec la vapeur. Une tasse laissée ouverte perd une bonne part de son parfum, et l’infusion devient plate.
Au-delà de dix minutes, l’amertume monte sans apporter davantage. Mieux vaut augmenter la dose de fleurs que rallonger le temps.

Que lui reconnaît-on, et que ne peut-elle pas ?
La camomille matricaire fait partie des plantes dont les usages traditionnels sont les mieux documentés.
Elle est traditionnellement employée pour le confort digestif, notamment après un repas copieux ou en cas de ballonnements, et pour favoriser la détente en fin de journée.
En usage externe, l’infusion refroidie sert en compresses sur les paupières irritées ou en bain de bouche. Filtrez soigneusement dans ce cas.
Ce qu’il faut éviter de lui prêter : elle ne traite pas l’insomnie chronique, ni une pathologie digestive. Une plante en infusion accompagne, elle ne remplace pas une prise en charge quand les symptômes persistent.
Comme pour toutes les plantes de ce type, le bénéfice tient autant au rituel qu’à la composition — une observation que nous faisons aussi à propos du sureau noir et de ses usages traditionnels.
Cueillez-la au début de la floraison
La matricaire pousse spontanément dans les friches et les bords de champs, et elle se cultive très facilement au jardin.
La récolte se fait au tout début de la floraison, quand les capitules sont bien ouverts mais que les pétales blancs ne sont pas encore retombés. Le matin, après évaporation de la rosée, et par temps sec.
On ne prélève que les capitules, sans la tige, en pinçant entre deux doigts. Évitez les bords de route et les parcelles traitées.
Le séchage se fait à plat, en couche fine, à l’ombre, dans un endroit aéré et sec. Comptez cinq à huit jours. Les fleurs sont prêtes quand elles crissent légèrement sans s’émietter en poussière.
Conservez-les en bocal hermétique, à l’abri de la lumière, et consommez dans l’année. Une camomille de deux ans a perdu l’essentiel de son parfum — le même principe de conservation que celui des graines et fruits secs, dont les huiles s’oxydent avec le temps.
Vérifiez deux précautions avant d’en faire une habitude
La camomille est bien tolérée par la grande majorité des personnes, mais quelques situations méritent attention.
Les allergies aux astéracées — famille qui comprend l’ambroisie, l’armoise et l’arnica — peuvent se manifester par une réaction croisée. En cas d’allergie connue à ces plantes, la prudence s’impose.
Des interactions sont décrites avec certains traitements, notamment les anticoagulants. Si vous suivez un traitement au long cours, la question se pose avec le médecin ou le pharmacien.
Chez la femme enceinte, l’usage alimentaire ponctuel ne pose généralement pas de problème, mais les infusions concentrées et prolongées relèvent d’un avis professionnel.
Enfin, comme pour toute plante, la régularité prime sur la quantité : deux ou trois tasses par jour au maximum, et une pause si l’on en consomme quotidiennement depuis plusieurs semaines.
Quelle température pour infuser la camomille ?
Environ 90 °C, soit une eau frémissante laissée une minute hors du feu. L’eau bouillante développe l’amertume.
Faut-il couvrir la tasse ?
Oui, systématiquement. Les composés aromatiques sont volatils et s’échappent avec la vapeur si la tasse reste ouverte.
Sachet ou fleurs entières ?
Les fleurs entières conservent mieux leur parfum. Les sachets contiennent souvent des fragments plus fins, qui s’oxydent plus vite.
Combien de tasses par jour ?
Deux à trois au maximum dans un usage courant, avec des pauses en cas de consommation quotidienne prolongée.
Peut-on la donner à un enfant ?
Une infusion légère est traditionnellement donnée, mais l’avis du pédiatre ou du pharmacien est préférable, surtout chez le nourrisson.
Dosez deux grammes, chauffez à 90 °C, couvrez la tasse et comptez cinq minutes. Ces quatre gestes suffisent à retrouver le parfum que la plupart des infusions de camomille ont perdu quelque part entre la bouilloire et la tasse.
Agence européenne des médicaments, monographie de la camomille matricaire : usages traditionnels reconnus, modes de préparation et précautions d’emploi, consultée le 22 septembre 2026.
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